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Hommage | Marjane Satrapi
11 Septembre 2026
Après un été placé sous le signe des émotions, la SRF souhaite prendre le temps de rendre hommage à Marjane Satrapi, disparue le 4 juin dernier à l'âge de 57 ans.
Marjane Satrapi a construit une oeuvre libre et engagée, à la croisée du cinéma, de la bande dessinée et de l'animation.
Avec Persepolis, Marjane Satrapi a surgi dans le cinéma avec une voix singulière, libre, drôle et profondément politique, indissociable de l’exil et de la conquête douloureuse de l’indépendance.
Femme - vie - liberté.
Toute sa vie, elle aura refusé que cette liberté lui soit confisquée. Un engagement dans son œuvre graphique puis dans ses films, qui a déplacé la frontière entre l’intime et l’universel et rendu possible d’autres récits, d’autres façons de dessiner, d’autres façons de filmer, d’autre façons de (se) raconter.
« Il n'y a presque plus rien à inventer au cinéma. Par contre il y a une chose qu'on peut trouver, c'est son propre langage. »
Cinéaste iconoclaste, amoureuse déclarée des « dessinateurs de plans » Sirk, Powell, Lubitsch, Almodovar, Fellini, Hitchcock, Lang, mais aussi du Magicien d’Oz ou des Sept Samouraïs de Kurosawa quelle avait vu des centaines et des centaines de fois : la possibilité de tout embrasser, le rire et le drame, le réel et le merveilleux.
Dans son deuxième film elle poursuivait son exploration des liens entre mémoire et exil avec le portrait d’un musicien qui choisit, lui aussi, de se laisser mourir. Un film traversé de fantaisie et d’humour, qui, comme toute son œuvre, refusait de se laisser enfermer.
Marjane Satrapi n’a depuis cessé de déplacer son cinéma. De la comédie de genre au film d’horreur, du portrait historique au récit choral, farouchement singulière, elle a continué de se jouer de tous les registres. Ses films, nous resteront comme autant de pièges tendus à la mélancolie, mille et une façons de défier le monde et de rester libre.
Texte écrit par Gallien Guibert
